EXTRADOS - NICOLAS MALCLÈS-SANUY

- Ø ?

- Nous avons construit une grille programmatique qu’on appelle aussi Porche-Extrados. C’était nécessaire, car nous avions atteint un moment où il n’y avait plus qu’une accumulation de fonctions et de matières. Nous étions en présence d’un régime turbulent, du fait d’une forte agitation particulaire. Il fallait couper des flux.

- Ø ?

- Non, le Porche-Extrados ne fonctionne pas pour représenter le régime, ni quelque chose de réel. Il construit un réel à venir.

- Ø ?

- Si, en effet, il y a plusieurs façons de couper des flux. On peut les prélever, les détacher. Mais nous avons opté pour le mode opératoire de la coupure-reste, ou coupure-résidu, c’est-à-dire : produire un sujet à côté de cette machine, de cette grille programmatique.

- Ø ?

- Parce que nous cherchions à obtenir un transport pneumatique. Nous avons conservé la structure – d’aucuns l’appellent « Life Supporting Device », ou « πνευ ̃μα » –, mais plutôt que de brancher ces tuyaux audiovisuels sur l’intrados, nous les avons connectés à l’Extrados de l’Aître, car nous voulions créer un régime tourbillonnaire susceptible de faire circuler les flux air/vitesse. Ces flux sont nécessaires à l’épanouissement des flux couleur/volume dans l’espace du crâne.

- Ø ?

- Justement, nous souhaitions éviter de les connecter à l’Intrados afin de soigner les zones de dépression. Nous voulions lisser les turbulences par les plis. Insuffler l’air, regonfler par l’extérieur, ce que l’ancien régime, tourné vers l’intérieur ne permettait pas.

- Ø. Ø. Ø ?

- Brasser de l’air par l’intérieur, et le brasser par l’extérieur, sont deux choses tout à fait différentes.

- Ø ? Ø ?

- Infectés ? Je ne comprends pas votre question. Si vous faites référence à l’apparition de zones hématiques à la surface de l’Extrados, cela s’explique simplement par une surexposition à la surface, que nous sommes en train de réguler.

- Ø… Ø. Ø ?

- Mais il faut bien comprendre l’enjeu de ce problème de succion que vous soulevez : nous étions en présence de zones accidentées. Il fallait les soigner. Nous avons utilisé la machine, le « Core », pour réanimer les fantasmes sclérosés. Lorsque nous avons observé l’écoulement de l’air dans les Vortex, afin de mieux comprendre les zones dépressives, nous avons remarqué que le manque d’exposition à la surface provoquait la faillite du système pneumatique. Il est vrai que des précautions étaient nécessaires lorsqu’on était en présence de glaucomes à angle fermé. L’Agence du médicament a d’ailleurs appelé à la vigilance. Mais l’apparition de l’Aître – son appar-Aître si j’ose dire –, à la surface, à l’écran, est primordiale. Pourquoi taxer la ventouse de junkie ? Au contraire, plus la succion est forte, plus il est possible de réinsuffler de l’air dans les fantasmes sclérosés.

 

Entretien avec Alice W, chercheuse en aéronautique.