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CECILE BOUFFARD

Cécile Bouffard vit et travail à Paris,

 

Voulez-vous danser ?

 

Cécile Bouffard utilise un répertoire d’objets qui empruntent au mobilier, à la forme pure et au geste pour créer des situations au potentiel ouvert, à peine esquissé. Elle se réclame avant tout de la peinture mais réalise des sculptures sensitives qui semblent énigmatiques et refermées sur elle-même, dont l’usage et l’intention - tous deux contrariés - sont cependant éclairés par les textures employées ou les titres évocateurs. Ses œuvres renvoient à un imaginaire de l’habitat et à des matériaux domestiques : matière antidérapante, bâche de piscine, moquette viennent recouvrir des structures en bois lorsque celles-ci ne sont pas peintes et uniformément vernies. Les titres produisent, eux, un renversement, un glissement de l'effet attendu, autant qu’ils indiquent différents ensembles : les modules actionnables, les actions imprévues et les sentiments. Ses œuvres ménagent ainsi une ambiguïté constante de catégorie, de statut et d’emploi : entre abstraction et narration, accessoire et décor, évocation d’un usage et sa désuétude. Cécile Bouffard allie la dramaturgie de David Hockney, un vocabulaire formel moderniste et une retenue minimale. L’agencement des différents éléments, la distribution de l’espace et les illusions de profondeur - parties intégrantes de la conception et de la disposition de ses œuvres -  sont autant d’outils pour induire un moment de suspens, de basculement aussi tragique que drôle. Elle ébauche les ressorts d’une intrigue et les principaux traits d’un caractère. Les œuvres sont dotées d’une intention feinte, d’une tentative de comportement. Elles incarnent la possibilité d’un baiser autant que d’une gifle. La poésie des situations idéales qui dérapent, de la séduction maladroite, des aléas du quotidien et de l’amour qui tourne mal, mais sans gravité aucune. Un sens du décalage neutralisé dans un mot d’esprit visuel, une relation entre le titre et son œuvre dont le raccourci comique est accompli avec discrétion. Les injonctions y sont des invitations au contact intime, les interrogations des risques à prendre, les excuses et les propositions des scénarios à deviner, et les associations d’œuvres des pas de deux ou de trois à la délicatesse sentimentale insoupçonnée.

 

Anaïs Lepage

Épaulée, 2017

Tissu, bouton, aluminium, peinture acrylique, cordon, acier

Taille 230 × 40 cm

Coincée, Coincée, Coincée, 2017

Bois, peinture acrylique, acier, textiles, silicone, latex

tailles variable : 160 x 25 x 15 cm

Serrez pas trop, 2017

Bois, peinture acrylique, silicone, métal

Tailles variables de 60 × 40 cm - 20 × 35 cm

Sprinklers,

laque, peinture acrylique sur médium, métal, 2016

Gifle,

moquette, feuille de silicone, bois, 120x85 cm, 2016

vue de l'exposition Porte-à-faux

Froze hard - 2015

bâche de piscine, bois mdf, acrylique satiné, 85x50cm

Gifle,

moquette, feuille de silicone, bois, 120x85 cm, 2016

Tableau-Table Secrétaire - 2014

peinture acrylique sur bois, charnières 130x97cm